Un quinquagénaire était jugé à Toulon après avoir fait un esclandre sur le lieu de travail de son locataire qui n’avait pas réglé son loyer à échéance. Il a été relaxé.
Les plaignants dénonçaient une « pression psychologique» et des « propos répétés, donneurs de leçons et envahissants ».
Le propriétaire des murs d’une brasserie du centre-ville de Toulon a comparu devant le tribunal correctionnel après qu’un couple de locataires, exploitant l’établissement, a porte plainte contre lui le 11 janvier pour « harcèlement moral ».
Évoquant une « pression psychologique » et des « propos répétés, donneurs de leçons et envahissants », les plaignants ont dénoncé la manière avec laquelle leur propriétaire leur réclamait des impayés de loyer.
Les restaurateurs, dont l’établissement est situé à proximité du commissariat central, ont pu compter sur les témoignages de deux clients, un officier de police et une avocate, relatant un comportement véhément alors que le propriétaire des murs avait fait irruption, le 5 janvier, dans le café.
Crise Covid
« Il venait relancer le gérant du commerce pour le paiement du loyer (…) Il a continué ses vociférations faisant fuir les clients », a dépeint le policier. « Le patron semblait très gêne, sa femme pleurait et semblait être très choquée », a complété l’avocate. Quelques jours après cet épisode, le couple s’est rendu chez un médecin généraliste évaluant un préjudice d’anxiété à quatre jours d’incapacité totale de travail. À l’appui de leur plainte, les gérants de la brasserie ont également produit l’enregistrement d’une conversation téléphonique, en 2020, dans laquelle le mis en cause fait des reproches au restaurateur sur sa manière de gérer l’établissement alors confronté aux difficultés liées à la crise Covid (confinement, etc.).
« Faut-il poursuivre tous les banquiers? »
Devant les enquêteurs, le quinquagénaire a reconnu que si son locataire était effectivement à jour du paiement de ses loyers, il n’hésitait pas non plus à le relancer dès qu’il y avait du retard. Il envisageait de confier la perception des loyers à une agence immobilière.
L’ingérence alléguée sur la façon dont est gérée la bras-serie? « Un accompagnement », s’est défendu le pro-priétaire.
Les certificats médicaux des plaignants? « Ils n’émanent pas d’un médecin légiste », fait valoir son avo-cat. L’ancien bâtonnier M. Michel Mas considère que la preuve de « propos ou comportements répétés », constitutifs du délit de har-celement moral, n’a pas été rapportée.
« Mon client voulait simplement faire face à ses crédits. Est-ce que l’on doit poursuivre son banquier pour harcèlement quand il réclame le paiement d’une traite ?» Le prévenu a été relaxé par le tribunal.
