Aux dealers des cités

Profession : vendeur de stupéfiants.

Lors de l’opération d’hier, environ 25 kg de produits stupéfiants ont été saisis.

Qui sont ces caïds varois, à la tête de réseaux de stups, dans les quartiers les plus modestes? Petits parrains de cités, respectés par les plus jeunes, ils ont généralement un casier judiciaire à rallonge. Leur carrière « délictuelle » a débuté dès l’adolescence autour de l’immeuble familial. Pour acheter une paire de basket de marque. Des fringues. Pour se payer des sorties… Au fil des ans, il a su s’entourer. Former son réseau de revendeurs-consommateurs.

M. Michel Mas, avocat toulonnais, représente régulièrement des trafiquants ou consommateurs à la barre des tribunaux. « Curieusement, les chefs de réseau sont des gens intelligents. Ils auraient pu faire autre chose. Parfois de grandes choses. Mais la vie et surtout le manque de moyens financiers les ont fait évoluer vers d’autres voies. Pour eux, la délinquance, c’est un moyen de survie. Même s’ils savent que les risques sont énormes et les gains pas si importants que ça.» 

« Spirale infernale »

Et puis, il y a les consommateurs. « Ceux qui fument pour passer le temps. Par oisiveté. Ils en arrivent à trafiquer pour acheter leur consommation personnelle. Lors des interpellations, ils tombent pour du petit business, avec les mois de prison qui vont avec. En prison, ils croient apprendre de meilleures astuces pour échapper à la police, mais à chaque fois ils tombent. C’est une spirale infernale.»

Du dealer au consommateur, l’avocat ne croit pas au tout répressif. « Il faut redonner le goût du travail à ces jeunes économiquement défavorisés et faciliter l’éducation. Pour eux, la finalité de ces trafics de drogue, c’est de pouvoir vivre dans une société qui pousse de plus en plus à la consommation. »